Roark

Roark présente sa collaboration avec Star Crossed Tatoo


Un entretien avec Ross Turpin de Star Cross Tatoo et une brève histoire de l’encre chinoise
Par Beau Fleminster


« J’ai toujours été un artiste, et après mes études j’ai travaillé dans une agence de publicité mais j’ai vraiment détesté cela. J’étais beaucoup plus intéressé par la scène punk rock, et j’avais toujours eu envie de tatouer car cela faisait tout simplement partie de cette culture. Je savais que, pour être heureux, il fallait que je dessine et arrive à en vivre. Cela a fonctionné puisque j’ai réussi à faire ce dont j’ai toujours rêvé, ici à Hong Kong. »

Après quelques nuits passées à camper sur les îles Ninepin, nous sommes retournés dans les rues lumineuses de Hong Kong et avons trouvé le salon Star Crossed Tatoo sur les hauteurs des rues Granville et Chatham. Nous découvrons, au-delà du tatouage, des livres, des photos, des babioles et autres jouets qui ornent les étagères du bureau respectif de chaque artiste. Je suis particulièrement marqué par une série d’illustrations de gastéropodes, de pénis et de vagins sur le mur des toilettes.
Les mecs décidèrent de faire couler l’encre, comme un souvenir durable à ramener à la maison. Jamie choisit un tigre chinois traditionnel ; Elvis, une tête de tigre cubique stylisée ; et Mikey, un aigle mexicain. Entre le bourdonnement des coups d’aiguilles, nous avons discuté avec l’artiste et propriétaire d'origine sud-africaine, Ross Turpin.


VESTE BOMBER STAR CROSSED

Cette veste de mi-saison en coton sergé, avec une doublure en popeline et des manches doublées en taffeta, fera même fuir le terrible Cobra Kai.



« Hong Kong a énormément affecté ma créativité. En ce qui concerne mon art, j’ai principalement été influencé par l’esthétique asiatique mais aussi par tous les artistes internationaux de passage. »
« Il y a tellement d’énergie dans les rues de Hong Kong. On trouve de la nourriture, des odeurs à chaque coin de rue et peu de gens savent que la jungle couvre encore une bonne partie de l’île. Les îles extérieures sont très proches et vraiment peu développées. Vous pouvez vivre complètement en dehors de la ville, loin du chaos, dans la nature, tout en venant travailler ici. »
« En ce qui concerne l’esthétique du tatouage, Hong Kong est unique en son genre, car elle fut influencée par l’armée américaine durant la Seconde Guerre Mondiale, et peut-être même avant avec les marins américains. Les dragons sont liés à la culture de l’île et sont omniprésents sur la scène du tatouage. Cependant, les tendances évoluent rapidement. Personnellement, j’aime tout ce qui a une ligne artistique forte et engagée et qui, par conséquent, restera dans le temps. Je suis principalement influencé par la culture américaine du tatoo ainsi que les gravures sur bois traditionnelles qu’on trouve en Asie. »



T-SHIRTS STAR CROSSED TATOO


Créations de l'artiste Ross Turpin de Star Crossed Tatoo, inspirées par les vestes bombers de la Seconde Guerre Mondiale à Hong-Kong.



  

TOP NÉOPRÈNE STAR CROSSED

Conçue en collaboration avec Narval Wetsuits, veste de 2mm d’épaisseur avec texture « smooth skin » (seconde peau) sur le corps et néoprène classique sur les manches.

 



Une brève histoire du tatouage, de la Chine à Hong Kong…


900 avant J-C: Le tatouage existe en Chine depuis des milliers d’années. Appelé « Ci Shen » qui signifie littéralement « perforer le corps », cet art est connu depuis des siècles mais était une pratique peu commune. Tout au long de l’histoire chinoise, le tatouage était généralement considéré comme une diffamation du corps, une pratique barbare, décrivant normalement des bandits ou des héros folkoriques.

Dynastie Song: “Au bord de l’eau”, un classique de la littérature chinoise fait référence au tatouage au XIIème siècle. Le livre raconte l’histoire de bandits du mont Liang, dont trois de ces personnages se font notamment tatouer sur tout le corps.

Dynastie Ming: les tribus Dulong et Dai, ainsi que le peuple Li de l’ile de Hainan se tatouent selon leurs traditions. À l’époque, beaucoup de femmes Dulang, qui étaient souvent prises pour esclaves, se faisaient également tatouer le visage pour repousser les ravisseurs potentiels des tribus voisines. Mais même après la fin des attaques, de nombreuses femmes ont poursuivi la tradition des tatouages.

Chez les hommes Dai, les tatouages étaient considérés comme un signe de force et de virilité. En général, les tatouages étaient faits de manière à attirer l’attention sur leurs muscles. Le tatouage est encore pratiqué chez les Dai aujourd'hui.

Années 1930: l’ethnologue allemand Hans Stubel a étudié le peuple Li de l’île de Hainan et a beaucoup écrit sur ses pratiques du tatouage. Au cours des années 30, peu de gens portaient des tatouages sur le visage. Le tatouage concernait principalement les bras et les jambes. Aujourd’hui, certaines femmes âgées Li ont toujours des tatouages traditionnels sur le visage.

Années 1940 : James Ho devient le tout premier artiste tatoueur de Hong Kong. Il ouvre son studio Rose Tattoo à Wan Chai. La plupart du temps, il tatoue des marins et des militaires. En effet, beaucoup souhaitent une marque distinctive si leur corps se perd sur le champ de bataille. Leur retour au pays a fait connaître et apprécier le tatouage typique de Hong Kong en Occident.

Aujourd'hui: de nombreux salons de tatouage existent à Hong Kong, comme le renommé Star Crossed, et la mauvaise image du tatouage, réservé aux bandits et parias, n’est plus aussi forte qu’auparavant.

 


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