Roark

  • 5 Mai 2021
  • WORDS BY Nate Zoller
  • PHOTOS BY Isaac Zoller

La Route vers la Solitude - Par Nate Zoller

Présenté par Nate Zoller et Roark

C'était le début de l'automne et le Mexique venait juste de lever son interdiction d'entrée sur le territoire. J'ai aussitôt planifié un voyage vers Puerto Escondido pour aller surfer des grosses vagues sur ma toute nouvelle planche de 8 pieds. Tout était réservé : 2 semaines au paradis où je pourrais repousser mes limites et essayer de ramener de belles images. Mais 2020 en avait décidé autrement. Deux jours avant notre vol, mon ami sur place m'a annoncé que le spot serait fermé jusqu'au Dia de los Muertos ("Jour des Morts") en Novembre. La police avait même balisé la zone avec des bandes jaunes officielles. Essayer pendant 2 semaines d'éviter les flics patrouillant sur place n'était pas une bonne idée, en particulier pour un surfeur gringo. Nous devions changer nos plans et trouver une autre partie de la côte vers laquelle nous faufiler.

À la recherche de vague

J'avais eu des échos différents sur les vagues proches de Puerto, mais tous ces spots semblaient condamnés. Les villages avaient fermé leurs routes, et donc l'accès terrestre à une grande partie des spots. Panga restait une option, mais beaucoup trop chère. Une migraine logistique commençait à me gagner. Même les locaux ne savaient pas ce qui allait se passer le lendemain. J'ai souvent fait des voyages avec pas mal de zones d'ombres : accessibilité, conditions de houle, bancs de sable, etc. Mais cette fois-ci, c'était vraiment trop. La seule certitude était l'arrivée d'une sacrée houle en provenance du Pacifique Sud, mais c'était suffisant pour nous faire appuyer sur la gâchette et nous embarquer sur ce vol, cap au Sud.

En survolant des villages perdus au milieu d'une jungle dense ceinte de crêtes de canyons, je me suis rappelé qu'aucun voyage n'est jamais le même. Il y a tellement à découvrir avant de perdre le goût de l'aventure. L'inconnu donne à chaque aventure un goût unique. Je me demande toujours à quoi ressemblait le processus des surfeurs baroudeurs des années 1970, lorsque les surf trips étaient décidés à la pleine lune. Aucune raison de trop y penser, allez-y et voyez par vous-même.

En descendant de l'avion sur le tarmac de la piste, je suis accueilli par l'épaisse chaleur des tropiques mexicains. Le soleil s'est déjà couché et le crépuscule s'estompe dans l'obscurité alors que nous récupérons nos planches et retrouvons Simi, notre chauffeur. Peu de temps après, nous sommes en train de manger des tacos Al Pastor et de boire quelques bières fraîches. Après les galères de ces dernières semaines, il ne m'a fallu que quelques bouchées, deux ou trois gorgées et un peu d'air chaud pour me rappeler que ce qui importait vraiment, ce n'était pas le surf ou les vagues, mais être sur la route.

Les jours suivants, nous nous sommes levés bien avant le lever du soleil pour aller observer toutes les vagues de la côte. Nous passions au moins une heure sur la route chaque matin dans l'espoir de trouver des vagues parfaites. Heureusement, chaque jour s'est avéré meilleur que le précédent. Plusieurs houles ont permis une semaine complète de surf, ce qui arrive très rarement lors d'un surf trip. Petite anecdote : les barrages routiers installés sur les routes côtières entrainaient de nombreux embouteillages, mais toujours dans le sens inverse de notre route.

Le soleil qui tape, l'eau chaude, les vagues vierges, les bières fraîches et les amis. Tout cela m'a rappelé de suivre mon instinct, de monter dans le prochain avion et de poursuivre la route vers la solitude.

Le soleil qui tape, l'eau chaude, les vagues vierges, les bières fraîches et les amis. Tout cela m'a rappelé de suivre mon instinct, de monter dans le prochain avion et de poursuivre la route vers la solitude.

Nate Zoller

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