Roark

  • 5 Avril 2021
  • WORDS BY Harrison Roach
  • PHOTOS BY Woddy Gooch

Se délecter des vagues parfaites

Harrison Roach raconte sa découverte derrière les dunes marocaines

Dès que je le peux, la première chose que je fais en arrivant dans un nouvel endroit est de contempler l'océan. Je l'évalue, je le critique, je le ressens. Je devine les marées et jauge l'aspect de la côte. J'imagine la direction de la houle et celle du vent. C’est une sorte de rituel que je fais pour moi-même : il m'offre des perspectives utiles et me permet de me sentir bien.

Au Maroc, j'ai été accueilli par de hautes collines qui enveloppaient la courbe du littoral vers Taghazout. L'air était sec, les couleurs de la terre offraient un mélange de bronze et de vert et le ciel brillait d'un bleu pâle. Un vent offshore fort et froid sifflait à travers les arganiers et les cactus et soufflait le dos d'une houle grossissante. Des vagues parfaitement formées se déroulaient sur des centaines de mètres, et derrière la barre, des nuages d'embruns étaient projetés en rafales.

J'ai pensé aux planches que j'avais amenées, et à laquelle j'allais surfer en premier. J'ai escaladé quelques rochers avant d'aller goûter la température de cette eau marocaine : des bottillons et ma combinaison 4/3 seraient parfaits. J'ai évalué où je pourrai pagayer et comment éviter un premier rock-off embarrassant. Au coucher du soleil, j'étais satisfait d'avoir désormais une meilleure idée de ce à quoi m'attendre pour le lendemain matin. Rituel complet terminé, j'ai sauté dans ma petite voiture de location et suis parti à la recherche d'une tajine bien chaude et bien méritée.

J'ai sauté dans ma combinaison avant de courir le long des falaises jusqu'au rocher de barrage que j'avais repéré la veille. Je me sentais confiant avec un Neal Purchase Junior de 7 pieds 5 pouces sous mon bras. Je suis sorti par l'arrière juste à temps pour une série de vagues. Sur la route vers le cap, nous avons pu observé avec un enthousiasme grandissant le point break au nord d'Agadir, de plus en plus visible. Mais à l’intérieur de la baie, les vagues déferlaient là où elles ne l’avaient pas fait la veille.

Il est difficile d'expliquer l'excitation qui régnait dans notre voiture de location alors que nous filions sur la route tout en regardant les vagues se former au loin. Elles avaient l'air grosses. Nous avons fini par nous arrêter pour regarder le plus beau point break de notre vie. La vague déroulait sur plus d'un kilomètre de droite à gauche. Elle mesurait plus de 2 mètres. Nous hurlions d'impatience. Le fort vent off-shore gonflait les vagues et la houle arrivait de l'horizon en constante progression.

Je faisais danser le nose de ma planche dans la brise. La tête baissée, aveuglé par les gouttes d'eau salée, j'ai bondi sur mes pieds et senti le vent sous ma planche. Alors que mes dérives se plantaient dans la face de la vague, j'étais maintenant sur la vague la plus longue et la plus rapide de toute ma vie.

Cette première vague que j'ai prise sur cette côte marocaine incarne à elle seule la raison pour laquelle je suis venu à l'autre bout du monde. Une fois celle-ci finie entièrement surfée, je me suis assis en riant sur ma planche pour regarder les vagues vierges qui déferlaient sur le point break. J'y ai passé toute l'après-midi.

"Alors que j'admirais la scène, je n'ai pas pu m'empêcher de sourire. Les vagues larges et ouvertes du point break marocain semblaient se prêter parfaitement aux longues lignes que j'espérais arriver à faire avec ma planche."

Harrison Roach

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