Roark


Le guide Roark du troc

Deux histoires qui vous expliquent comment obtenir ce que vous voulez quand le sort est contre vous.


"J'APPORTE DES CADEAUX"

Par Beau Flemister

Je voyage souvent avec un paquet de cigarettes. Je ne fume pas. Pas du tout. Mais vous seriez étonné de voir comment une cigarette peut calmer un agent des douanes un peu bourru et nerveux. Appelez cela de la corruption, un cadeau, un bakchich ou simplement du troc, mais une petite offre de paix peut être très importante au milieu de nulle part.


C’est quelque chose que j’ai appris lorsque j’ai perdu mon passeport au Pakistan. En realité, je mets la faute sur Fedex. En bref, j’ai eu recours à Fedex à Lahore pour envoyer mon passeport à l’ambassade d’Inde afin d’obtenir un visa de retour. Fedex m’a dit de revenir une semaine plus tard. Ce que j’ai fait : pas de passeport en vue. « Ils s’en occupent toujours » m’ont-ils dit. Donc après être allé à l’ambassade d’Inde (deux fois) pour retrouver mon passeport (sans succès), après avoir passé une autre semaine sous une chaleur étouffante (42 degrés) et une heure de trop dans l’unique Coffee Bean & Tea Leaf de la ville, je suis retourné à l’agence Fedex avec un paquet de cigarettes au fond de ma poche. J’ai demandé à parler au directeur et j’ai été conduit dans une arrière-salle où on m’a annoncé (encore) que mon passeport n’était pas là. J’offris une cigarette au directeur et lui dit que l’ambassade n’avait pas mon passeport non plus. Il prit la cigarette, l’alluma et se détendit. Il passa alors quelques appels : il découvrit alors qu'ils avaient mon passeport depuis le début. L’enveloppe avait juste été mal numérotée.


De toute évidence, un petit cadeau ne doit pas forcément ressembler à un petit bâtonnet au cancer. Apprenez à connaître votre public. Je ramène souvent quelques sachets de cocktail de fruits secs de chez Trader Joes pour les personnels de cabine sur les long-courriers. Leur réponse à ça ? En général, de l’alcool gratuit, de la nourriture, des films et même parfois un siège en première classe lorsque toutes les places ne sont pas occupées. J’ai rencontré un officier des Nations Unies au Sri-Lanka qui parlait de surf. Après lui avoir amené un extra leash, le mec m’a amené dans plein de spots secrets auxquels il avait accès. Il n’y a pas de surfshop à Cuba donc pas de wax ni de stick solaire, et ces produits peuvent vous permettre de briser la glace. Ce genre de dons, même basiques, peuvent apporter un sourire sincère et atténuer certaines aspérités.
Oh, qu’est-ce que je faisais au Pakistan ? Ça c’est une autre histoire…

"L'Archipel Oublié"

Par Nate Zoller

Sur le chemin du retour, nous nous sommes arrêtés au Victory Bar, un lieu d’hydratation local où le prince Williams est venu une fois boire des verres jusqu’à 3 heures du matin. Nous entrons : les drapeaux britanniques sont alignés au plafond et le tournoi hebdomadaire de fléchettes bat son plein. Tous les meilleurs joueurs des environs convergent ici chaque lundi pour s’affronter. Apparemment, les sports de bar (les fléchettes, le billard et la boisson) sont les principales activités de l’île. Nick, le DJ de la radio locale, était adossé au bar avec ses cheveux longs, un jean serré et une veste en cuir. « Nous avons très peu d’arbres, et ils sont tous malmenés par le vent.» Après un tour d’horizon du bar, nous remarquons que tout le monde boit des cannettes de Budweiser. « Pourquoi tout le monde boit de la Bud ?» demande Dylan. « Une cannette de Coca est plus chère qu’une cannette de bière. La taxe d’importation est très chère sauf sur l’alcool» plaisante Nick. Il s’avère que la cannette coûte moins d’un dollar et que la bière pression était à température ambiante. L’ambiance du pub ressemblait à une fête de famille, tout le monde se connaitssan depuis l’enfance. Le ratio était de 5 femmes pour 50 hommes.

Ben était en contact avec un certain Chris Poole qui possède avec son père sa propre île au large. Quand on interroge les gens au pub à propos de Chris, quelqu’un le railla : « Chris Poole ? Il n’a même pas de bateau ». Vu comment tous les gens le décrivaient, il semblait que Chris nous ressemblait plus que nous leur ressemblions. Il est tout sauf le statu quo. C’est un cas particulier. C’est peut-être pour cela qu’il a acheté une île avec 4600 moutons et 13 kilomètres de littoral. Quand nous avons demandé à Chris quel genre de compensation il voudrait en échange de nous guider sur son île, il répondit : « Amenez quelques dalles (paquet de 24 cannettes) de Bud et un fût d’huile et c’est bon. Du carburant pour le feu et du carburant pour les hommes ». Depuis 6 ans que l’île lui appartient, il n’a jamais invité personne d’autre que sa famille, et surtout pas un groupe de surfeurs californiens. Alors que nous préparons le bateau RIB avec notre nourriture et notre bière dans le port de fortune situé à côté de la base de la Marine Britannique, nous interrogeons de nouveau Chris au sujet de la compensation. « La seule chose que je vous demande, c’est de vous rappeler de nous lors votre retour ». Sa devise est l’expérience et cela nous a de suite parlé. Chris est accompagné de son père, Big Steve, qui a son propre bateau et une sucette à la bouche en permanence. Il est aussi enthousiaste que Parker lorsqu’il voit une bonne vague.

Nous n’avons rien trouvé sur Internet à propos de l’île Lively. Tout ce que nous savons c’est qu’elle est idéalement placée sur les trajectoires de houles. Une demi-heure de bateau à travers les criques et les petites îles nous y conduit. Il fait sombre et l’ambiance est sinistre lorsque nous arrivons à 16 heures. L’océan est calme et on peut voir le fond tellement l’eau est claire. Des crânes de moutons bordent le rivage. Les quatre chiens sortent du bateau, prennent un os et se poursuivent furieusement autour de la ferme. « Tout ce que je vois, ce sont des cartouches de fusils, de la merde et des os. C’est vraiment baisé ! » fait remarquer Parker alors que nous amenons le matériel à la maison. Nous rentrons dans une ferme du XIXème siècle dans laquelle se dégage une fumée provenant d’une cheminée fraîchement allumée. L’ambiance de la maison est étrangement russe avec un côté Massacre à la Tronçonneuse.

« Tout ce que je vois, ce sont des cartouches de fusils, de la merde et des os. C’est vraiment baisé ! » fait remarquer Parker alors que nous amenons le matériel à la maison.

 

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