• Dec 9th, 2022
  • WORDS BY Nash Mader & Travil Weller
  • PHOTOS BY Rob Schanz

Far Out, Out Far

Passionné de toutes les formes d'art, que ce soit sur la toile ou sur la piste, Travis Weller a toujours été à l'écoute de la Nature, des émotions humaines, que ce soit les siennes ou celles des autres, et du lien complexe entre elles. Chez Roark, nous apprécions grandement les multiples talents de Travis, mais aussi sa joie communicative et surtout son grand cœur. À travers les diverses périodes de sa vie, qui l'ont toutes influencé, Travis s'est forgé une philosophie unique, dont nous pouvons tous nous inspirer. C'est donc avec enthousiasme et fierté que nous vous présentons cet interview avec le seul et l'unique, Travis Weller.

Pour ceux qui ne te connaissent pas encore, peux-tu nous donner une brève biographie ?

I’m a classic art school kid. I went to art school as an undergrad, and then went on to graduate school for painting and drawing. I received my masters in what ended up being drawing and printmaking. My goal was to be a professor, based on having a couple super influential professors along the way. And so I did. I went on to teach for ten years. Running came about in the middle of all of that. Maggie, my wife, and I hiked the PCT (Pacific Crest Trail) on her request back in 2012. That experience really is what changed my perception of distance, as we ended up walking somewhere around 20 miles a day. That new perspective really stuck with me, but running wasn't ever something I thought you could have a career in. I ran a little bit just to stay in shape for surfing during college, and after college it was just a thing to do. After the PCT, I began to think more about distance. 5 miles suddenly felt like a leisurely jog. I started to experiment with what it felt like to run 8 or 10 miles. I eventually grew into more of a point A to point B mindset in an attempt to experience moving in different ways. On New Year's day 2014, Maggie and I went into the headlands and decided to actually run a trail. Something clicked, and it became all I wanted to do. I just wanted to run out in the trails, all the time. I went home and signed up for a 10k trail race out of Stinson Beach. I ended up in 2nd place and I was hooked. I think I ran something like 15 races that first year, escalating all the way to my first 50 miler that summer. The rest is sort of history; I've had this crazy relationship with running. The ups and downs that we all experience. Chunks of time where I didn't run at all. All of it has been a big learning experience about myself, running, and art. It has since come together into one functioning system.

Est-ce que tu pourrais nous en dire plus sur ces hauts et ces bas que tu viens d'évoquer ?

I always kept art and running separate from one another as I felt like they balanced each other out in necessary ways. Art can be incredibly subjective, and that it is often difficult to process. You'll make something, and it will feel like the best thing you've ever made. But the reaction from the outside world is that it isn't that good, or it feels like no one cares. It was hard to be really committed to this thing that is truly a purely subjective form. Enter running - racing in particular. It was truly objective. There’s a winner and there really is no arguing that. It is what it is. At times I really needed that objective part of life so,I would really hold tight to running. I would then find myself running my body into the ground. Literally. I would fall back and art would all of a sudden come back into my life full steam. It turned into a back and forth, back and forth. In 2018 I ran my first 100 miler, and I really loved the experience. I think it was the only one I finished and felt like I really needed to do it again. I went through a roller coaster of emotions - feeling great, running below course record pace for the first half, and then hitting a wall I'd never hit before. I was grumpy, not having fun, and wanting to quit. Luckily I had a really good crew who would hear none of it, and then boom - mile 75 the lights came back on and I felt as fresh as I did in the first 25 miles. Crazy. I psyched about the experience so hard. I ran a 50 miler that march, finished well, and then had the feeling that I was done running. I was tired, and everything hurt. I placed super well, but I didn't care. I wanted a break. And that break ended up lasting about 4 years. After a project with the North Face, I started to run again. And those two things finally came together. For the first time in my life, I found a balance between art and running. I could do both. I didn't have to be all in on one discipline. I could run 20 miles a week instead of 70. I could spend 4 hours in the studio instead of 10. Balance took time, but I think I accomplished it finally. I've had a few years now of really enjoying both. It's a really good place to be.

Dans ton portfolio conséquent de travaux, qu'il s'agisse d'oeuvres en papier découpé, de peintures à l'huile ou de course à pied, il y a quasiment toujours un thème récurrent : la Nature, environnement qui nous entoure. Peux-tu nous décrire ta relation avec l'extérieur, et les espaces qui t'inspirent ?

La Nature est l'un des rares endroits où je me sens bien. Il n'y a aucune distraction quand je cours. Mes pensées et mes sentiments y sont vraiment clairs, beaucoup plus clairs qu'en studio ou à la maison. Pour moi, courir dans la nature est une vraie thérapie. Combien de fois j'ai descendu un sentier, repéré un rapace volant au dessus de moi, fermé les yeux et tendu les bras. Je sens le soleil et je sens le vent. C'est une belle expérience, unique : j'oublie tout et je profite du moment présent. La course à pied me permet de briser les barrières que je me suis érigées au fil des ans. Je peux penser. Je peux sentir. Je peux traiter les choses. Quand je cours, je fais ce que j'aime, et bien plus encore. En ce qui concerne mon travail, la nature est l'endroit où je passe mon temps. Je suis vraiment inspiré par ce que j'y vois, qui est en même temps vraiment comparable à ce que je ressens avec mes autres sens, ce que je ressens profondément dans dans tout mon être. Je peux avoir des mois d'exaltation, et en même temps avoir des sentiments profonds pour ls autres et pour moi-même, ou pour une expérience. Je trouve que le brouillard, la façon dont il rampe sur les montagnes, ressemble au brouillard qui existe dans mon esprit et même dans mon corps. Même si je vis cette belle expérience, les choses auxquelles je fais face (ou pas) surviennent toujours pendant que je cours. Le brouillard essaie de s'installer, mais je fais ce que je peux pour l'éloigner. Tout comme le soleil qui empêche le brouillard de rejoindre le prochain canyon. Il existe une corrélation incroyablement intéressante entre l'émotion et la nature. Et c'est de cela qu'il s'agit dans mon travail. Il s'agit de lier ces deux choses ensemble. Il y a donc beaucoup d'éléments de la nature et de ce que j'y vois, mais en même temps, il s'agit également d'émotions et de la sensation du brouillard qui arrive. Il s'agit vraiment de cela : à la fois de la nature et de l'émotion, et de la façon dont les deux vont de pair.

Quel est ton processus créatif ? Sais-tu à l'avance le sujet de tes oeuvres ?

Lorsque je travaille sur du papier découpé, je découpe toujours une première forme et mon travail grandit à partir de là. Je n'ai jamais vraiment de composition prédéterminée. J'ai en quelque sorte développé un langage avec les matériaux que j'utilise : une série de formes et de couleurs qui représentent différentes parties de la nature, et différents sentiments ou émotions. Je suis très intransigeant quant j'achète mes fournitures dans les magasins d'art locaux, donc je suis souvent limité ou attiré par des couleurs spécifiques, que vous découvrez à travers mon travail au fil des ans. Mon travail est vraiment une exploration de moi-même et de mon propre environnement. Tant que je continue à explorer, que ce soit moi-même, le monde et comment je m'y intègre, alors j'aurais beaucoup de travail à faire.

Parlons course maintenant si tu veux bien. Comment décrirais-tu ta relation avec avec la douleur ?

Depuis tout petit, je sais que j'ai la chance d'avoir une tolérance à la douleur très élevée. La douleur ne me dérange pas vraiment. Ou du moins c'est comme ça que j'y pense. Ce qui par contre peut vraiment me ralentir, c'est la partie mentale de la course. C'est un type de douleur très différent. Quand les choses commencent à devenir difficiles, et cela peut être dû à la douleur physique bien sûr, je peux finir par m'effondrer mentalement, et je me demande alors ce que je fous là, pourquoi je cours. Même si j'ai un seuil de douleur élevé, j'ai tendance à tellement me concentrer sur les choses qui ne vont pas bien que je me fais piéger en pensant que la douleur est pire qu'elle ne l'est réellement. Mais une fois le blocage mental surmonté, toute cette douleur disparaît. C'est un truc de fou. La douleur est perçue, dans le monde de la course longue distance, d'une manière étrange. C'est autant mental que physique. J'ai l'impression que je peux très bien gérer la douleur physique, mais la douleur mentale qui en découle est un obstacle que j'essaie encore de comprendre et d'apprivoiser.

Que signifie l'expression "Far Out, Out Far" (très loin, de loin) pour toi ?

What I love about the 100 mile distance, or just running long distances in general, is that you have to get far out, out far. There are so many times when I'm by myself, and there's nobody around for miles and miles. You feel so far out there and that’s a feeling that not everybody gets to experience. So it’s far out in the literal sense. The experience of running that far is also like "fuck man, that's far out". It's really a radical thing. That's where that phrase comes from. It's a combination of words that just really makes sense to me.

Quelle a été ton inspiration pour ta collection avec Run Amok ?

The goal was to create a body of work that not only felt true to me, but also to Roark Run Amok and what y'all have created. I am a really colorful person and it is a major part of my life. How I see things, interact with things and feel things all comes back to color for me. The collection turned into my interpretation of camouflage. Camo can be a lot of different things and we see that a lot in nature. All animals have some manner of camo as a protection agency. And for me, running is a camouflage of how I'm feeling. I’ll be having this really stressful day, or feeling intensely, and I can go out for a run. That run will camouflage and transform those feelings and emotions into something more palatable and sensible. I think that's the most important part of this collection. Running is a vehicle to explore our feelings. That's something I want people to talk about more. What's your camo? What are you hiding from? What are you running towards? If we're more open about those things, I think a lot of us would find shared experiences. So, let's talk about it.

La musique prend aussi beaucoup de place dans ta vie. Quels sont tes 5 meilleurs albums ?
  • Workingman's Dead - Grateful Dead
  • 30 Greatest Hits: Portrait of a Legend - Sam Cooke
  • Catch a Fire -Bob Marley and the Wailers
  • Crimson and Clover - Tommy James & The Shondells
  • Delta Momma Blues - Townes Van Zandt
  • Surfer’s Choice - Dick Dale & His Del-Tones
Comment décrirais-tu ta playlist ? Selon toi, où et quand est-il préférable de l'écouter ?

It's an audio exploration of what it feels like to run 100 miles. I would say that listening depends, based on the person. Personally, I can't listen to music when I run. I have to hear the breath, my steps, the birds and the wind. But that's my experience. For others, it would be perfect for running. People always ask what it feels like to run that distance, but it's not a one dimensional answer.For me, it's three parts. Part audio, part visual, and part emotional. For this project, the emotion comes out in writing, but that can't stand alone. The audio and visual are equally as crucial. In short, the playlist can be listened to at anytime. That's the beauty of running. You can run at any time and have a completely different experience; you don't know what it will be until you get out there. Same with this list. Put it on during the best moments and the worst and see what clicks.